Cruscades

Cruscades est une commune française, située dans le département de l’Aude en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Cruscadèls et les Cruscadèles.

Cruscades est un village viticole de la plaine narbonnaise, traversé par la route qui va de Lézignan-Corbières à l’embranchement de la D 24 et de la N 6113 (non loin du col de la Mède), via Ornaisons. Cruscades est situé à 17 km de Narbonne et à 5 km de Lézignan-Corbières, à 55 km de Carcassonne, la préfecture de l’Aude. Le bourg est situé au milieu d’une vaste plaine, délimitée à l’est et à l’ouest par deux replats. Le village est entouré de verdure (parcs particuliers). L’Orbieu passe à 100 m, au sud, des dernières maisons du village (Cité des Genêts), ce qui permet l’irrigation d’un riche et vaste vignoble. Cependant, en ce début du XXIe siècle, de nombreuses vignes ont été arrachées et le paysage agricole en a été sensiblement modifié.

Cruscades est réputé pour ses vins issus de l’agriculture biologique, plusieurs fois primés (vignoble de Louis Fabre). En mars 2012, un classement officiel des vins bios du Languedoc place et confirme les vins Fabre au « TOP 20 » des meilleurs produits dans la catégorie ; c’est la consécration de la cuvée Rouge 2009 « VEREDUS COULON ».

L’altitude du village culmine modestement à 36 mètres (hauteur du site de l’ancienne école). Le territoire communal s’étend sur 9,65 km2 (965 ha). Les villes et villages proches de Cruscades sont : Ornaisons à 2,05 km, Luc-sur-Orbieu à 2,83 km, Lézignan-Corbières à 4,57 km, Villedaigne à 4,76 km, Boutenac à 4,98 km (distances calculées à vol d’oiseau).

Cruscades se trouve non loin de l’abbaye cistercienne de Fontfroide et de celle, bénédictine, de Lagrasse. Situé dans la basse vallée de l’Aude, Cruscades est assez proche de la chaîne pyrénéenne et de la Montagne Noire. Le village se situe non loin des forteresses « cathares » juchées sur les hauteurs agrestes de la sauvage Corbière.

D’après un manuscrit, rédigé par un ancien prêtre et cité par l’abbé Joseph Graves (ce document n’a pas été retrouvé), il était écrit que, « parmi les villages environnants sur les bords de l’Orbieu, Cruscades, seul, se trouve à l’abri des inondations et convient excellemment à la construction de silos, en raison de sa situation légèrement surélevée par rapport au niveau de la rivière, même en période de fortes crues ». Or, la terrible inondation du 12-13 novembre 1999 a démenti cette croyance ancestrale puisque, pendant la nuit, les eaux arrivèrent jusqu’à la D 24 en inondant une partie des maisons situées le long des rues de l’Égalité et de la République. Mais il est vrai cependant que, de mémoire de Cruscadèls, on n’avait jamais vu pareille catastrophe, et les plus âgés ne se souvenaient pas avoir entendu parler de pareils événements. (Il faut toutefois noter que le niveau de la crue fut loin d’atteindre l’église.) Entre 2000 et 2008, d’importants travaux de protection contre la montée des eaux ont été entrepris. Un peu plus loin, ledit curé ajoute : « La plaine (de Cruscades) devait être le véritable grenier de la région ». En 1927-1928, une sorte de grand puits fut mis au jour près de l’église, du côté du nord-est. De nombreuses hypothèses ont été émises, certaines peu crédibles. Mais il est communément admis que cette grande fosse circulaire devait être une glacière datant du Moyen Âge. C’est d’ailleurs l’opinion de l’abbé Giry in « Les Corbières », 1989 (ISBN 978-295037860-6 et 2-9503786-0-9).

À Cruscades, l’Orbieu a abandonné insensiblement, et par des relais successifs, son ancien lit (côté gauche), et, coulant plus avant dans le territoire de Luc, il a laissé une assez grande quantité de terrain qui, exhaussé par les limons alluviaux, est très fertile (plaine de « Grazas »). Jusqu’au début du XIXe siècle, l’Orbieu se divisait en deux bras en cet endroit (voir carte du diocèse de Narbonne, du XVIIIe siècle). L’eau du bras aujourd’hui mort alimentait un moulin hydraulique construit au XIIe siècle. On le sait grâce à l’Inventaire Rocques, déposé aux Archives de Narbonne. (D’après Georges Sénié).

Lieu incontournable:

L’église paroissiale, dédiée à saint Jean l’Evangéliste, du XIIIe siècle, est bien conforme au style du pays par son chœur plus étroit que la nef et sa voûte d’ogives. On regrette en voyant les belles pierres de taille du sanctuaire que la nef ait été couverte d’un enduit blanc. (D’après l’abbé Giry, in « Les Corbières » -voir supra).
Ancienne chapelle castrale. Bâti sur les restes d’une église romane, l’édifice est remarquable par la pureté de son style gothique ; l’abside pourrait remonter à la fin du XIIIe siècle. Selon l’abbé Graves, certains détails de la construction devenus visibles après les réparations de 1965 – les clefs de voûte, des linteaux de portes formées de deux pierres juxtaposées, les chapiteaux, le profil des arcs – indiquent une parenté avec la cathédrale Saint-Just de Narbonne. L’élan, la force, l’harmonie de l’ensemble, surtout du chœur, révèlent la remarquable technique d’un maître que l’on retrouve chez ceux qui conçurent et édifièrent Saint-Just. On trouvera aussi des ressemblances avec l’église de Lézignan.
Cet édifice inachevé, avec deux chapelles, sans transept, présente des murailles de forteresse. À plusieurs reprises, des réparations et des modifications furent entreprises, tant au XVIIe s. qu’en 1861. En 1620, on abat la muraille de cers et on déplace la porte d’entrée sous le clocher qu’on surélève.
À côté du clocher, une fouille de 1927 a permis de dégager une vaste excavation de 4 m de diamètre et 5 m de profondeur, comblée de sable. La porte y donnant accès ouvrait sur une salle voûtée dont il restait un bel arceau, brisé par l’abbé Toustou quand il aménagea la sacristie actuelle. Antérieure à la construction de l’église, cette cavité existe toujours, difficilement abordable par le presbytère, mais visible et éclairée. On a pensé à un silo pour emmagasiner les grains. L’abbé Giry (1905-2002, ancien conservateur du musée de Nissan-lès-Ensérunes) y voit une glacière, comme en possédaient si souvent les châteaux de la région.
À côté du silo, un sarcophage sous voûte protégeait un squelette de 1,80 m et une petite amphore en poterie noire. Le cercueil était constitué de pierres plates Coll. BonnetJL gallo-romaines, selon l’abbé Cabirol, témoin oculaire. Fond du silo découvert par l’abbé Toustou en 1927 dans l’église de Cruscades.

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